Le début du commencement de la fin du tunnel

Bonjour à tous,

Pour ceux d’entre vous qui suivent nos aventures régulièrement vous savez sans doute que la saison 2017 est marquée du sceau (ou du sot) de la malchance pour nous.

En effet alors que nous avons clairement l’auto la plus rapide et l’équipage le plus performant nous ne parvenons pas à couronner nos performances par une victoire qui ne cesse de nous échapper pour des problèmes techniques inopinés et des circonstances de courses défavorables (ou favorables aux autres…)

Nous nous sommes donc déplacés sur le circuit champêtre du Val de Vienne, avec ses vaches et ses moutons, pour la 5° manche de la Lamera Cup 2017 remontés comme des pendules, prêts à bondir, enfin bref, avec des grandes attentes….

Dans la 12 nous avions le plaisir d’accueillir, en plus de Nicolas Oliveira et Joffrey Dorchy, le très talentueux Yann Ehrlacher qui malgré ses 21 ans (ce qui n’a rajeuni personne dans l’équipe…) à déjà une solide expérience en course avec plusieurs titres en Mitjet ainsi qu’une victoire en WTCC dans une auto moins performante que ses concurrents.

Du coté de la 31 nous avons eu le plaisir d’accueillir en dernière minute un équipage extrêmement sympathique composé des frères Zanato (Enzo et Raffaele), de Sebastien Dinoto et de Bruno Leplat.

Après une prise de contact vendredi soir au bout de 10 minutes nous avions tous l’impression de nous connaitre depuis des années et cette bonne humeur a perduré tout au long du weekend.

Le samedi matin les choses sérieuses commencent, 7 heures d’essais libres sont au programme de la journée, comme prévu les débutants….débutent et le compteur de bac à gravier affiche bientôt un score de 2-1 en faveur (ou défaveur selon l’opinion des mécanos) de la 31, il faut noter que contrairement aux autres équipes ce score restera inchangé sur l’ensemble du weekend, les pilotes ayant rapidement compris que lorsqu’on veut gagner 1 seconde et qu’on perd 20 minutes ce n’est pas très profitable au bon avancement dans le classement…..

La 12 prend son rythme en haut du tableau, les pilotes de la 31 progressent à chaque sortie et font des relais courts de 15-20 minutes, ils récupèrent des infos et des conseils auprès de leurs camarades de la 31 et leurs chronos s’améliorent.

Nous terminons les essais libres sous la pluie, la piste sèche pour les qualifs, la 31 fait son run et prend une très honorable 14° place mais les choses se gâtent pour la 12, une fois de plus….

Joffrey fait un premier tour, nous prévient par radio qu’il a eu un problème de direction assistée et se relance dans un second tour qu’il ne finira pas car cette maudite DA se rebloque, Joffrey saute sur les freins mais ne peut éviter le rail qui au Val de Vienne est situé à environ 37 millimètres du bord de piste alors qu’il n’y a aucune habitation à moins de 40 kilomètres du circuit (va comprendre Charles….).

Bilan des opérations, l’avant de la voiture semble enfoncé mais pas trop, la roue arrière gauche est ouverte mais les pièces faisant office de fusibles ont bien rempli leur rôle et nous pensons pouvoir réparer le tout.

Sauf que une fois la face avant enlevée nous nous apercevons que les dégâts sont bien plus sérieux à l’avant qu’a l’arrière.

Joffrey a du taper le rail pratiquement de face, le faux châssis ne s’est donc pas déformé comme il doit le faire et le châssis est enfoncé, pire, les tubes d’arceau qui remontent sont déchirés…

Nos voisins belges nous proposent immédiatement leur aide pour ressouder le châssis mais nous comprenons rapidement que le châssis de la 12 vient de vivre son dernier tour de piste, il est 22h30, il n’y a aucune auto disponible dans le paddock pour envisager d’emprunter des pièces (juste un châssis complet, une paille….), TTM à apporté une auto de développement mais ils y ont apporté tellement de modifications qu’il est impossible de le remettre en configuration standard.

Nous prenons donc la décision un peu folle d’aller chercher la 23 que nous avons loué à son propriétaire pour la course du Castellet en Juillet et qui est toujours dans notre atelier….à 400 kilomètres du circuit…

Spontanément le chef mécano de nos voisins belges se propose de descendre avec notre chef mécano pour l’aider, et le directeur technique de TTM arrive avec son 4×4 qui permettra d’aller plus vite qu’avec notre fourgon…

Bien sur ils devront être la pour le départ de la course à 0900 le lendemain matin, 800 kilomètres en 8 heures, plus le temps de chargement à l’atelier et le retour avec une remorque chargée….c’est jouable mais c’est TRES limite.

Les pilotes vont se coucher, à 0412 un sms arrive de notre équipe de cambrioleurs “On repart de l’atelier”….

Ils arriveront à 0830, l’auto est immédiatement déchargée, les réglages de suspension installés pour correspondre plus ou moins à ceux de la 12 sont mis dedans, les harnais sont installés, tant pis pour la radio, le laptimer, le chrono d’arret aux stands, c’est en flux hyper tendu….

Les pilotes de la 31 qui sont partis la veille au soir se demandent s’ils n’ont pas abusé de substances potentiellement illicites quand ils voient dans le stand que l’auto n’est plus bleue mais chrome, nous leur expliquons le changement d’auto et ils nous regardent comme si nous étions fous, ce que nous sommes probablement un peu…

La grille est en place, les moteurs démarrent, le tour de lancement commence et la 23 est toujours devant notre box car le harnais pose problème pour l’installation, à 30 secondes du lancement de la course de commissaire technique nous donne son accord et la 23 va se poster au bout des stands et part après le peloton des 24 Lamera.

Les pilotes sont agréablement surpris par le châssis qui a un comportement assez identique à celui de la 12 la veille, en tout cas il est “sain” et ils commencent une remontée dont nous sommes habitués, au bout de 3 heures nous pointerons en 2° place, à 7 secondes de la 67 qui fait la course en tète depuis le début.

La 31 oscille entre la 3° et la 8° place en catégorie Gentlemen, les pilotes améliorent leurs temps et ils sortent à chaque fois de l’auto en disant qu’ils ont encore progressé dans leur appréhension des limites de l’auto, quelques dérapages mais aucun bac à graviers se chargent de leur rappeler que ces limites sont assez cruelles au Val de Vienne.

Les ravitaillements se passent tous parfaitement, même les novices de la 31 se sont bien habitués à notre procédure et nous avons chaque fois quelques secondes d’avance avant de les relâcher, sur la 12 les relais se passent sans encombre, en fonction des pilotes présents dans notre auto et dans les autres l’écart oscille entre 10 et 40 secondes de la tète et nous ne pouvons qu’attendre la faute de la 67 car le moteur de la 23 est sans doute un peu plus fatigué que celui des autres Lamera et les pilotes se plaignent de mieux sortir des virages avant de perdre du temps dans les lignes droites.

La 1 connait des problèmes, avec la chance qu’ils ont depuis le début de saison il fallait bien que cela leur arrive de temps en temps, idem pour la 38 qui avait pourtant fait la pole avec un moteur plein de fougue, la 43 et la 48 de nos voisins belges se maintiennent aux avant postes, il y a très peu d’écart entre les 6-7 premiers et tout le monde est tendu.

A 3 heures de la fin Nicolas donne le volant a Joffrey qui rentre 1 tour plus tard avec une transmission HS, les mécanos oublient leur fatigue et la remplacent en 5 minutes entrée et sortie de la voie des stands incluse, mais nous avons perdu 3 tours, nous sommes 5°.

Dans la 31 la boitier de DA pose des problèmes, il surchauffe et cause des problèmes, nous décidons de perdre 30 secondes sur le prochain relais pour le remplacer mais il a tellement chauffé que les cosses sont fondues dedans, tant pis, les pilotes devront passer au stands à chaque panne de la DA….

Lors d’un relais nous voyons rentrer la 31 avec son pilote malade qui a laissé quelques souvenirs du repas de midi sur sa combi, le siège et les harnais, c’est une première pour nous, les mécanos prennent une grande inspiration avant d’aller sangler le pilote suivant en apnée, il me regarde fixement à travers le pare brise et je dois me retenir de ne pas rire en voyant sa mine déconfite.

Les relais se suivent, les pilotes de la 31 se font des amabilités “moi ça va, mais vas-y en premier” mais la bonne humeur est revenue et chaque relais est l’occasion d’une franche rigolade quand celui qui sort peut enfin respirer et souhaite bien du plaisir à celui qui rentre dans l’auto, nous cherchons en vain un sapin “qui sent bon” pour installer dans l’habitacle, ils termineront finalement à une belle 7° place en catégorie gentleman en ayant conscience d’avoir beaucoup progressé dans le weekend.

La 23 remonte 4°, puis 3° quand un des rares safety car nous fait perdre 50 secondes au moment ou Emmanuel Orgeval prend son relais dans la 43, notre moteur souffre de plus en plus, nous avons des coupures dues à la pression d’huile trop basse dans certains virages et “Manu” Orgeval profite de notre faiblesse pour nous passer sans que Yann ne puisse se battre contre lui, nous sommes 4°.

Même si le résultat n’est pas celui que nous attendons il reste 50 minutes de course, tout peut encore arriver et en Lamera celui qui ne franchit pas la ligne ne marque pas de points, si une des autos de tête fait une faute dans le dernier tour nous serons sur le podium.

Nos pilotes gèrent les coupures moteur comme ils le peuvent et espèrent une faute des leaders qui ne viendra pas, pire à 3 minutes de la fin Joffrey qui passe devant les stands est victime d’une casse de chape de suspension arrière, le triangle inférieur frotte sur la piste et la voiture est quasiment sur 3 roues….

Il rentre au stand a allure réduite, nous sommes dans le dernier tour, nous avons 2 tours d’avance sur le suivant mais nous DEVONS passer la ligne, nous attachons le triangle comme nous pouvons en 20 secondes et le renvoyons en piste en lui disant “tu dois finir, débrouille toi”….on a vu mieux comme consigne de conduite et comme stratégie mais cela porte ses fruits car il boucle son tour, passe la ligne et arrête la 23 immédiatement après, nous sommes 4 et nous prenons les points…

Bien sur nous visions mieux que cela mais en relativisant un peu les choses nous réalisons que nous avons pu prendre le départ grâce à un quasi miracle rendu possible avec l’aide de nos amis et concurrents belges et grâce à Sylvain de chez TTM qui a conduit toute la nuit pour nous ramener une auto que nous avions eu la bonne idée de réviser après la course du Castellet.

Les pilotes ont pu apprécier à sa juste valeur le travail des mécanos et de l’équipe qui ont tout fait pour leur permettre de défendre leurs chances et même si sans une casse de transmission nous aurions sans doute pu viser la victoire au bout du compte nous revenons de loin et cette fois la chance nous a quelque peu souri.

Nous sommes passés ce matin chez Mygale à Magny-Cours pour récupérer un châssis neuf qui va remplacer celui de la 12 pour la prochaine course à Jarama à la fin du mois et nous allons remonter une auto neuve pour poursuivre l’aventure vers la fin de ce maudit tunnel…

Un grand merci a tous ceux qui nous ont aidés ce weekend, chez Milo, chez TTM, on vous en doit une belle et c’est à charge de revanche.

A très vite pour de nouvelles aventures….